France vs Bresil, quel affiche!

France vs Bresil, quel affiche!
Au terme d'un match énorme, l'équipe de France a battu l'Espagne (3-1) et s'est qualifiée pour les quarts de finale. Menés au score, les Français ont trouvé la force de revenir avant de prendre l'avantage sur une tête rageuse de Patrick Vieira en fin de rencontre. Et maintenant, le Brésil !

FRANCE - ESPAGNE: 3-1
Buts: Ribery (41e), Vieira (84e), Zidane (92e) pour la France - Villa (28e, sp) pour l'Espagne


Hanovre n'aura finalement pas été le terminus de la génération Zidane. Mais le lieu de la renaissance de l'équipe de France. D'une nouvelle naissance même. Alors que les Espagnols promettaient l'enfer et une élimination aux Tricolores, les Bleus et leur "équipe de vieux", dixit Domenech, ont prouvé qu'ils avaient encore les jambes et la possibilité de fesser les jeunes présomptueux. Et, grâce à leur expérience des grands rendez-vous, associée à une envie qui ferait pâlir bien des juniors, ont réussi à écrire une nouvelle page de leur glorieuse histoire. Une histoire qui pourrait bien s'écrire une nouvelle fois en majuscules. Six ans après le titre européen, huit ans après la Coupe du monde, l'équipe de France peut de nouveau bomber le torse.

Première période : Ribéry au bon moment

Au football galopant des Ibères, l'équipe de France comptait répondre par son expérience et un 4-4-1-1 laissant le seul Thierry Henry en pointe mais offrant aux Tricolores une assise défensive des plus solides. Les minutes initiales ressemblent à une partie d'échecs dans laquelle les joueurs hésitent à avancer leurs pions. Si la Furia Roja a le ballon, les courses et les passes sont plus souvent latérales que dans la profondeur. Du coup, seul un coup franc non cadré de Pernia fait passer un début de frisson dans le dos des Français (5e).

Des Français qui jouent bas et partent de loin. Sur une récupération et une ouverture de Zinedine Zidane, Franck Ribéry prend le couloir droit, centre vers Thierry Henry. Le cuir est repoussé vers... Zidane qui, un peu court, ne peut finalement reprendre (16e). Les Tricolores sont en place. Zidane est bien en jambes et récupère bon nombre de ballons. C'est d'ailleurs sur l'une de ses inspirations que les Français se créent leur meilleure occasion de la première période. Parti sur le flanc droit, Henry voit Ribéry et Vieira filer dans l'axe. Le Gunner centre à ras terre. Mais ni le Marseillais ni le Turinois ne parviennent à pousser le ballon vers la terre promise (23e).

Nullement en danger, les joueurs de Raymond Domenech vont pourtant craquer les premiers. Sur un corner espagnol, Pablo est victime d'une faute de Lilian Thuram. Le recordman des sélections (118) marche sur le pied du défenseur. M. Rosetti n'hésite pas et désigne le point de penalty. David Villa se présente face à Fabien Barthez et, d'une frappe croisée et superbement ajustée, réussit ce que Raul n'était pas parvenu à faire il y a six ans (1-0, 27e). Les quarts de finalistes du dernier Mondial se retrouvent en position favorable. La physionomie du match évolue. Obligés de faire le jeu, les Bleus se heurtent à la vivacité et au pressing des Ibères. Et les longs ballons se terminent souvent par un drapeau levé en raison du positionnement souvent aléatoire de Thierry Henry.

C'est d'ailleurs une nouvelle fois en position de hors-jeu que Thierry Henry voit Franck Ribéry filer au but à la suite d'une ouverture de Patrick Vieira. Ne faisant pas action de jeu et le montrant au juge de touche, le Gunner suit des yeux le duel Ribéry-Casillas. Malheureux dans la finition depuis ses débuts internationaux, le Marseillais rattrape le coup en crochetant le portier espagnol. Sa finition du gauche est très limite mais suffit à faire trembler les filets (1-1, 42e). Les Bleus restent en vie.

Seconde période : Le bonheur au bout du chemin

Moralement, la France est regonflée au retour des vestiaires. Et se crée la première occasion de la seconde période. Sur un caviar de Zizou, Malouda prend la poudre d'escampette mais, victime d'un rebond haut, est obligé de reprendre en extension. Iker Casillas réussit une belle parade (52e). Insatisfait du rendement de son équipe, Luis Aragones change ses batteries et renforce son milieu de terrain. Joaquin et Luis Garcia remplacent Raul et David Villa (54e).

L'effet n'est pas immédiat. Mais les Espagnols, s'ils n'inquiètent pas Barthez, ont beaucoup de facilité à atteindre les trente derniers mètres. Et, sur centre tendu de Sergio Ramos, ont le malheur de tomber sur un Willy Sagnol impeccable (61e). Si l'arrière garde tricolore est impeccable, celle des champions d'Europe 1964 n'est guère rassurante. Mais de moins en moins inquiétée alors que Fabien Barthez voit Luis Garcia tenter sa chance de la tête (68e) et Joaquin tirer du gauche (79e). Les deux fois, le ballon file à côté. Comme la majeure partie des frappes tentées en seconde période. Entré en jeu, Sidney Govou connait le même sort sur un excellent service de Ribéry (81e). On file droit vers la prolongation...

Pourtant, les dix dernières minutes vont être fabuleuses pour les Bleus. Sur un coup franc de Zinedine Zidane, le ballon est dévié et retombe sur la tête de Patrick Vieira. Seul au deuxième poteau, "Le Long" reprend et profite de la déviation de Sergio Ramos, qui prolonge le cuir dans son propre but (2-1, 84e). Les Bleus sont quasiment au paradis. Ils y sont définitivement sur un contre mené de main de maître par Zinedine Zidane. Arrivé dans la surface, le Maestro efface Carles Puyol d'un crochet ravageur et, du droit, envoie l'équipe de France à Francfort, où elle affrontera le Brésil pour des retrouvailles dont on rêvait. Samedi, ce sera une réalité.

L'HOMME DU MATCH : Patrick Vieira (France)

Dans la lignée de sa performance face au Togo. Comme face aux Eperviers, il rentre aux vestiaires avec un but et une passe décisive (sur le but de Franck Ribery). Evidemment, l'histoire retiendra son but, inscrit d'une tête rageuse avec la complicité de Sergio Ramos à cinq minutes du terme. Mais il n'avait pas attendu cet instant pour confirmer son retour en très grande forme. Son abattage, sa présence physique, sa solidité donnent un tout autre visage aux Bleus. Dommage qu'il ait écopé d'un carton jaune.

LA DECLA : Raymond Domenech (France)

"Cela a été surtout dur pour eux, même si on a eu une ou deux situations chaudes. Cela a été un match admirable à tous les niveaux, de courage, de capacité de réaction, de solidité, d'intelligence, de lucidité et de patience. On a une équipe de vieux, mais on sait être patient. Les jeunes s'essoufflent plus vite en général. Tous ceux qui étaient discutés... Patrick Vieira était décrié, Zizou ne devait pas jouer ce match là... Qu'on puisse poser simplement la question pour moi était un drame, mais c'est comme ça. Et avec notre petite équipe de vieux on va continuer à avancer ensemble. Maintenant, on a quelque chose d'exceptionnel à jouer. Le Brésil, c'est ce que disaient les joueurs dans le vestiaire: c'est pour ces matches-là qu'on vit dans le football, parce qu'il y a des émotions exceptionnelles. Et, ce soir, il y en a eu une et il y en a une autre qui arrive"

# Posté le mercredi 28 juin 2006 03:04

Le Brésil au rendez-vous

Le Brésil au rendez-vous
Sans être convaincant, le Brésil a battu une généreuse équipe du Ghana (3-0). Auteur de son 15e but en Coupe du monde, Ronaldo disputera les quarts de finale avec la sélection auriverde. Les quintuples champions du monde attendent leur prochain adversaire qui sera la France...

BRESIL - GHANA : 3-0
Buts : Ronaldo (5e), Adriano (45e) et Zé Roberto (84e
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En Coupe du monde, le Brésil ne fait jamais de cadeaux aux équipes africaines. Le Zaïre en 1974, le Cameroun en 1994 et le Maroc en 1998 avaient eu le droit au tarif maison 3-0. Quatrième équipe africaine à affronter les Auriverde, le Ghana n'a pas fait mieux. Les Brésiliens auront tremblé par moment mais ils ont parfaitement géré ce match à l'expérience. L'habitude des grandes compétitions et le talent individuel aura une nouvelle fois fait la différence.

En l'absence de Michael Essien suspendu, les Black Stars ont cruellement manqué de lucidité dans le dernier geste. Ils se sont offerts de belles occasions mais ils ont été trop fébriles ou sont tombés sur un bon Dida. A l'image de Ronaldo, qui a battu le record de Gerd Müller, les Brésiliens montent eux en régime tranquillement. Malgré certaines largesses défensives, ils ont parfaitement joué le contre pour l'emporter et attendent désormais leur prochain adversaire.

Première mi-temps : Ronaldo frappe vite

Jouer le quintuple champion du monde n'est jamais facile. Pour une jeune équipe comme le Ghana, le risque d'être impressionné est grand. Dès le départ de la rencontre, les coéquipiers de Michael Essien vont en payer les frais. Inhibés par l'enjeu, les Black Stars commencent le match timidement. Mensah et ses coéquipiers de la défense jouent la ligne. Une tactique qui va vite être sanctionnée. Après un premier hors-jeu (1e), Ronaldo va rentrer dans l'histoire. Sur une belle passe en profondeur de Kaka, "Il Fenomeno" part seul avant de dribbler Kingston et de marquer dans le but. Il efface Gerd Müller des tablettes et met le Brésil sur la bonne voie (1-0, 5e).

Sonnés par ce but, les Ghanéens vont mettre quelques minutes à se remettre dans le bon sens. Après de nombreuses fautes, ils vont même passer tout près de la correctionnelle. Sur un nouveau ballon à la limite du hors-jeu, Adriano file au but avec Ronaldo mais l'attaquant de l'Inter oublie son compatriote et rate complètement son occasion (13e). Le K.O. n'a pas lieu et au fur et à mesure des minutes, le Ghana va revenir dans le match. Sous l'impulsion de Muntari, les Africains vont retrouver des couleurs.

A l'image de leurs premières rencontres, les Brésiliens souffrent. Les passes, les relais et les échanges courts deviennent ghanéens. Mais Amoah (24e, 28e) et Gyan (35e) manquent tous les deux de précision dans le dernier geste. Et après une superbe tête de Mensah arrêtée miraculeusement par Dida (42e), les stars brésiliennes vont encore faire la différence. Sur une contre-attaque parfaitement lancée par Lucio, Cafu offre un caviar pour Adriano, qui marque malgré un hors-jeu évident (2-0, 46e). Malmenés pendant une longue période, les Brésiliens retournent aux vestiaires avec un avantage confortable. Le réalisme auriverde a encore frappé.

Seconde période : Le Brésil gère

De retour sur la pelouse, les Brésiliens vont gérer sereinement leur avance. Les Black Stars tentent de plus en plus mais le quintuple champion du monde est bien en place et ne se met pas en danger. Les joueurs de Carlos Alberto Parreira vont même se créer une nouvelle grosse occasion gâchée par Roberto Carlos pourtant seul devant Kingston (54e). Et après une nouvelle frappe d'Asamoah captée par Dida (68e), l'exclusion de Gyan va encore compliquer la donne pour le Ghana (81e).

Profitant des trous dans la défense africaine, Ze Roberto vient offrir le traditionnel 3-0 sur une nouvelle passe en profondeur (85e). Ronaldo (88e), Cafu (90e) et Juan (92) ont l'occasion d'aggraver la marque mais ils tombent à chaque fois sur un grand Kingston, qui sauve les siens de la déroute. La Seleção aura parfaitement profité des erreurs d'alignement de la défense ghanéenne pour s'offrir son billet pour les quarts de finale.

L'HOMME DU MATCH : Ronaldo (Brésil)

Ronaldo est décidément hors norme. Critiqué pour sa prise de poids depuis le début de la Coupe du monde, l'attaquant du Brésil a répondu à ses détracteurs avec deux buts contre Japon (4-1). Face au Ghana, le Merengue a réalisé un match plein et a démontré la classe d'écart qui le sépare des autres attaquants. Avec ses prises de balles parfaites et son sens du but incomparable, il a mis son équipe sur les bons rails en faisant trembler les filets dès la 5e minute. Il inscrit son quinzième but en Coupe du monde, battant le record de 14 réalisations détenu par l'Allemand Gerd Muller.
Ronaldo, c'est énorme

LA DECLA : Carlos Alberto Parreira (sélectionneur du Brésil):

"Le score du match ne reflète pas la physionomie du match, cela n'a pas été si facile pour nous malgré le score. Et je pense que le Ghana aurait mérité de marquer un but, même si nous on aurait pu en marquer deux ou trois de plus en fin de match. Cette victoire est en tout cas très bonne pour la confiance, pour la suite de la compétition. J'ai toujours dit que les 8e et les quarts étaient des moments cruciaux. Je crois qu'on a une équipe pour passer les demi-finales et aller en finale. Cela va devenir de plus en plus dur, mais les joueurs vont tout donner."

# Posté le mercredi 28 juin 2006 03:00

Terry: "Rester positif"

Terry: "Rester positif"
L'Angleterre a franchi sans encombre le cap du premier tour dans ce Mondial. Elle n'a pas convaincu pour autant, affichant certaines lacunes, notamment dans le secteur défensif. Avant d'affronter l'Equateur en huitièmes de finale, John Terry, montré du doigt, garde pourtant confiance.

JOHN TERRY, que vous inspire ce huitième de finale face à l'Equateur?

J.T. : C'est un challenge. On ne se voit pas déjà en quarts de finale. Même s'ils ont perdu le dernier match contre l'Allemagne, les Equatoriens sont sortis brillamment de leur groupe. C'est une bonne équipe, solide, qui joue très vite, avec un fort potentiel offensif. Mais nous voulons continuer à avancer. C'est pour ça que nous sommes ici. Il n'est pas question de reprendre l'avion si tôt. Tout le monde est très excité d'avoir franchi le premier tour et d'entrer dans les matches décisifs.

L'Angleterre est sortie en tête de son groupe, mais elle n'a pas convaincu. Etes-vous d'accord?

J.T. : On sait bien qu'on ne produit pas du grand football pour le moment, mais c'est encourageant de voir que nous avons encore une bonne marge de progression. Tous els cylindres n'ont pas encore été allumés. Nous serons plus à l'aise dans les matches à élimination directe. Les équipes resteront moins derrière à nous attendre, comme ce fut le cas contre le Paraguay ou Trinité. C'est vrai que tout n'est pas parfait, mais les résultats sont tout de même là. Je crois que si nous gagnons la Coupe du monde, les gens se moqueront bien de savoir comment nous avons joué.

A titre personnel, vous semblez moins rayonnant qu'avec Chelsea.. .

J.T. : Je ne dirai pas ça. Quand j'ai fait un premier bilan après les deux premières rencontres, j'étais plutôt satisfait de mon jeu. Après chaque rencontre, j'analyse ce qui a été bien ou moins bien, et j'en ai fait de même contre la Suède. Je suis mon plus sévère critique. Je sais que j'aurais pu jouer mieux contre la Suède. J'ai connu un match difficile, mais ça ne suffit pas à dire que je suis en train de rater ma Coupe du monde. Je ne suis pas d'accord avec vous. Je me connais, merci.

Vous avez connu énormément de problèmes sur coups de pieds arrêtés face à la Suède. Comment l'expliquez-vous?

J.T. : C'est difficile à dire. Je ne sais pas pourquoi nous avons rencontré autant de problèmes. Avant le match, chacun sait ce qu'il doit faire sur corner ou coup franc, qui il doit marquer. Evidemment, tout cela est prévu quand on prépare la rencontre. Mais en seconde période, la Suède a pris le dessus dans ce domaine. Une fois qu'ils ont mis un, puis deux coups de tête, nous nous sommes retrouvés en difficulté. C'est ennuyeux, mais honnêtement, je pense que c'était juste un jour sans dans ce domaine.

Comment y remédier?

J.T. : Tout le monde doit faire face à ses responsabilités. Au lendemain du match, nous avons beaucoup travaillé ce secteur du jeu à l'entrainement: corners, coups-francs, jeu aérien. C'est oublié et je suis certain que ce qui s'est produit contre la Suède n'arrivera plus. Avant la compétition, c'était un de nos points forts. Nous avons les joueurs nécessaires pour que ça le redevienne.

Les changements en défense (Forfait de Neville puis blessure de Ferdinand en cours de match) ont-elle joué un rôle?

J.T. : Non, je ne crois pas; Ce qui sont rentrés ont été bons, que ce soit Sol Campbell ou Jamie Carragher. Carra s'en est très bien sorti. On se connait tous suffisamment pour ne pas chercher d'excuse de ce côté là.

Globalement, que doit améliorez l'équipe pour aller loin dans ce tournoi?

J.T. : D'abord, rester positif. Il faut éviter de penser négativement. Si je prends le match contre la Suède, nous devons retenir les 45 très bonnes premières minutes. L'Angleterre jouait vite et bien. C'est encourageant. Même si la suite a été compliquée, c'est certainement un match que nous aurions perdu il y a quelque temps. Nous avons su faire front. Mais il faudra faire plus. Il faut montrer davantage d'agressivité, dès le début du match. La Premiership, c'est ça. C'est le genre de football que nous jouons toutes les semaines. C'est comme ça que nous sommes bons. A nous de le faire ici.

Vous sentez que vous êtes capables?

J.T. : Oui, absolument. Le groupe est beaucoup plus dedans que lors de l'Euro 2004. C'est une question de détermination et de volonté. Nous avons besoin d'être plus agressifs, plus offensifs. Quand on marque un but, il faut arrêter de se recroqueviller derrière, mais au contraire continuer à avancer. C'est la clé.

# Posté le dimanche 25 juin 2006 06:06

L'Argentine sort du piège

L'Argentine sort du piège
L'Argentine est toujours en vie, mais elle a souffert. Longtemps accrochée par le Mexique, l'Abiceleste n'a dû son salut qu'à un but d'anthologie de Maxi Rodriguez au cours de la prolongation pour s'imposer 2-1. Les hommes de Jose Pekerman retrouveront l'Allemagne en quarts de finale.

ARGENTINE - MEXIQUE: 2-1 a.p.
Buts: Borgetti (10e csc), Maxi Rodriguez (98e) pour l'Argentine - Marquez (6e) pour le Mexique

Il y a un an lors de la Coupe des Confédérations, l'Argentine et le Mexique s'étaient départagés lors de la séance des tirs au but. Hissée au rang de favorite après son premier tour brillant, l'Albiceleste a une nouvelle fois souffert pour passer l'obstacle mexicain. La faute à un excès de confiance diront certains. Mais plus certainement à cause d'un homme : Ricardo La Volpe. Le sélectionneur des Aztèques, troisième gardien de l'équipe d'Argentine championne 1978, connaissait en effet suffisamment la maison bleue ciel pour mettre une place un dispositif quasi-parfait. Il aurait même pu être parfait sans un coup de génie de Maxi Rodriguez qui a sorti l'Argentine de sa torpeur en prolongations...

Première période : Deux buts et plus rien

Pourtant, le début du match est bien loin du quadrillage qui va suivre. Les Mexicains se ruent à l'attaque et trouvent rapidement la faille grâce à Rafael Marquez. Sur un coup de Pardo, Mendez dévie de la tête pour son capitaine qui se jette au second poteau et reprend victorieusement (6e, 0-1). Mais l'Argentine n'a pas le temps de douter. Secouée dans les premières minutes, elle égalise sur sa première incursion dans la surface. Suite un corner de Riquelme, Borgetti trompe son propre gardien de la tête en voulant défendre sur Crespo. Curieusement, le but est pourtant attribué à l'attaquant de Chelsea... (11e, 1-1). Quelques minutes plus tard, ce dernier aurait pourtant pu marquer un but qu'il n'aurait dû à personne. Mais, parfaitement lancé par Cambiasso, il manque nettement le cadre sur une tentative de lob sur Oswaldo Sanchez (23e).

Mais, le reste du temps, les deux équipes se livrent une véritable bataille tactique et le rythme redescend vite. A ce petit jeu, Ricardo La Volpe semble prendre le dessus sur son homologue argentin. En bloquant les couloirs avec Castro-Mendez à droite et Guardado-Morales à gauche, le Mexique perturbe l'Albiceleste qui est contrainte de jouer dans l'axe. Résultat : aucun tir cadré et surtout aucun centre pour les Argentins en première période. En attaque, les Aztéques s'appuient sur le jeu de tête de Borgetti. Là aussi, cette tactique a failli payer mais le meilleur buteur de l'histoire du Mexique bute sur Abbondanzieri qui détourne en corner (26e). Les Argentins s'en sortent même bien sur une énorme faute de Gabriel Heinze qui ne lui vaut qu'un carton jaune (45e).

Seconde période : Guerre tactique

La partie d'échecs reprend au retour des vestiaires. Entre deux équipes qui se connaissent pas coeur mais qui se sont faites surprendre dans les premières minutes, on refuse de prendre des risques. Il faut toutefois une intervention de Sorin face à Borgetti pour empêcher le Mexique de repasser devant (54e). On s'étonne même de ne pas voir l'Argentine répondre à l'envie des Mexicains. Si brillants au premier tour, les Sud-Américains peinent au milieu de terrain où Riquelme n'a pas son rayonnement habituel et peine à accélérer le jeu. Mais, derrière son style nonchalant, le meneur de Villarreal reste un danger permanent. Il parvient ainsi à lancer Saviola en profondeur. Mais, comme quelques minutes plus tôt face à Maxi Rodriguez (57e), Oswaldo Sanchez s'interpose face à l'ancien Monégasque (59e).

José Pekerman abat sa carte dans cette bataille tactique. Dans une rencontre fermée, on compte sur le génie d'Aimar (76e), Tevez (76e) puis Messi (84e) pour faire basculer la rencontre. Mais le match n'est pas vraiment à la hauteur. Sur l'une des rares offensives de la seconde période, Fonseca crée le danger mais sa tête manque le cadre (86e). La partie aurait également pu pencher du côté argentin si Lionel Messi, parti dans le dos de la défense, ne s'était pas vu refuser un but pour un hors-jeu imaginaire (90+2). Mais, après 90 minutes, l'Argentine n'a toujours pas trouvé la solution au piège mexicain.

Prolongations : Le génie de Maxi Rodriguez

Comme lors de la Coupe des Confédérations 2005, les deux équipes disputent les prolongations. Mais l'analogie s'arrête là. Alors que l'Argentine avait dû attendre les tirs au but il y a un an (6 tab à 5), Maxi Rodriguez libère son équipe sur un exploit individuel. Un contrôle de la poitrine sur un renversement de Sorin et une reprise de volée splendide qui accroche la lucarne de Sanchez (98e). Malgré leurs efforts, les Mexicains n'ont plus le physique pour revenir au score. En usant la défense, en ayant fait entrer trois joueurs à vocation offensive, Pekerman a remporté la bataille tactique avec La Volpe. Si le Mexique échoue pour la 4e fois d'affilée en 8e de finale, l'Argentine se prépare à affronter l'Allemagne, vendredi.

L'HOMME DU MATCH : Maxi Rodriguez

Arrivé dans l'ombre des Crespo, Saviola et autres Riquelme, Maximiliano "Maxi" Rodriguez s'est hissé au rang de héros de l'Argentine. Sur un coup de génie, il a offert la qualification à son pays et a surtout réveillé une équipe trop attentiste. Peu connu en Europe, cet attaquant formé chez les Newell(s Old Boys s'était pourtant fait remarquer lors du Championnat du monde Juniors en 2001 où il avait inscrit quatre but, dont un lors de la finale remportée par les Argentins. A 25 ans, il a déjà marqué 6 buts en 17 sélections. Le joueur de l'Atlético Madrid n'est pas prêt de s'arrêter...

LA DECLA : José Pekerman (sélectionneur de l'Argentine)

"Ca n'a pas été facile, c'est la faute de l'adversaire d'aujourd'hui, le Mexique. Il faudra corriger des petits problèmes pour la suite, comme les ballons aériens. Leurs centres sur Borgetti et Fonseca nous ont fait mal. Un Mondial, ce n'est pas un concours d'échange de roses, c'est plutôt des passes (de muleta) face à un taureau. A chaque tour passé, on rencontre une équipe compliquée. Le Mexique a toujours été très dur à manoeuvrer, mais nous sommes l'Argentine. Le football a beaucoup de facettes, et il y a aussi plein de choses qui expliquent cette partie difficile: la tactique, l'état émotionnel de l'équipe. Mais on a su être lucides dans les moments clés. Nous corrigerons nos défauts".

# Posté le dimanche 25 juin 2006 06:02

L'heure du bilan

L'heure du bilan
Le premier tour du Mondial est terminé. Il est temps de se retourner sur une phase initiale riche en enseignements. Mis à part la France et le Mexique, les têtes de série comme le Brésil ont globalement répondu présent. Miroslav Klose a déjà fait trembler les filets à 4 reprises. Le Ghana a surpris.

LES TÊTES DE SERIE SONT LÂ : Mis à part la France et le Mexique qui ont peiné pour se qualifier en huitièmes de finale, les six autres têtes de série n'ont pas flanché et tenu leur rang. Les têtes de gondoles de la XVIIIe Coupe du monde de l'histoire ont réussi à sortir de leur groupe respectif avec la première place. Mention spéciale aux Brésiliens, Espagnols et Allemands qui ont réussi un carton plein avec trois succès en trois matches.

FRAPPEZ AVANT D'ENTRER ! : A l'image de la superbe volée de Joe Cole (Angleterre) face à la Suède ou de Torsten Frings (Allemagne) lors du match d'ouverture, les buts inscrits en dehors de la surface sont légion. Les 32 équipes (ou presque) se sont inspirées de ce que l'on voit toutes les semaines en Bundesliga. Les Rosicky (République tchèque), Gerrard (Angleterre), Juninho (Brésil) ont également profité du nouveau ballon concocté pour l'occasion. Un ballon plus insaisissable que jamais.

117 BUTS : La première phase de la Coupe du monde a vu les filets trembler à 117 reprises. Un score et une moyenne correctes (2,43). En comparaison avec la Coupe du monde 2002, les buteurs sont un peu en retard puisque 2,52 buts par match avaient été inscrits en Corée du Sud et au Japon sur l'ensemble de la compétition. Quand à 1998, on était monté jusqu'à 2,67 buts par match (171 réalisations). L'Allemagne, l'Argentine et l'Espagne sont les meilleures attaques du premier tour avec 8 buts marqués.

L'ARGENTINE MARQUE LES ESPRITS : Le score du premier tour est à mettre au crédit de l'Albiceleste. Le 16 juin dernier à Gelsenkirchen, les Argentins ont donné une leçon de football à la Serbie-Monténégro. Avec six buts signés Rodriguez (2), Cambiasso, Crespo, Tevez et Messi, les hommes de José Pekerman ont fait parler leur talent et revêtu la tunique de favori de la Coupe du monde. A eux de confirmer dès les huitièmes de finale, samedi face au Mexique.

UN ARBITRAGE DECRIE : On avait demandé aux arbitres d'être sévères. De protéger les joueurs. En deux semaines et 48 matches, on a plutôt eu l'impression de voir des hommes en noir (ou plutôt en rouge, jaune et bleu roi) plus pointilleux que jamais. Très à cheval pour sanctionner les portiers un peu lents au moment de relancer, les coups francs joués avant le coup de sifflet, les arbitres ont parfois manqué de sévérité sur certains gestes. Et surtout oublié quelques penalties sur des mains, tirages de maillot... On retiendra également les trois cartons jaunes donnés par Graham Poll au Croate Josep Simunic.

KLOSE PREND LES DEVANTS : Comme en 2002, Miroslav Klose a entamé la Coupe du monde tambour battant. L'attaquant du Werder Brême est en tête du classement des buteurs du Mondial. En trois rencontres, le roi de la pirouette a inscrit 4 buts (9 en deux Coupes du monde) et a déjà marqué la compétition de son empreinte. Reste à confirmer dès les huitièmes de finale.

LA FÊTE AU RENDEZ-VOUS : On l'espérait. C'est désormais une réalité. La Coupe du monde allemande est une réussite. Les stades sont tous superbes et surtout garnis. Ajoutez à cela que l'ambiance de l'autre côté du Rhin et parfaite et, mis à part quelques débordements, les hooligans n'ont pas encore eu voie au chapitre. L'Allemagne vit pleinement son Mondial. Pour preuve, près de 800 000 personnes ont fait la fête à Berlin durant Allemagne-Equateur (3-0), mardi dernier. Pourvu que ça dure.

LA FRANCE ENTRE DEUX EAUX : Après 2002, les Bleus craignaient de revivre le même cauchemar. Depuis vendredi et la victoire face au Togo (2-0), le pire est évité et l'équipe de France jouera les huitièmes de finale de la Coupe du monde. Mais les hommes de Raymond Domenech, s'ils sont revigorés, n'ont pas encore pleinement rassuré leurs supporters. Seul un énorme match face à l'Espagne, assorti d'une qualification pour les quarts de finale, tranquilliserait tout le monde.

LA SENSATION GHANEENNE : Après avoir fait "l'impasse" sur la Coupe d'Afrique des Nations, le Ghana a d'ores et déjà réussi sa Coupe du monde 2006. Les coéquipiers de Michael Essien, battus par l'Italie au premier match, ont réussi le tour de force de se qualifier aux dépens de la République tchèque et des Etats-Unis. Dernier représentant d'un continent africain pas verni, aussi bien au tirage (Côte d'Ivoire) qu'avec l'arbitrage (Tunisie), les Ghanéens s'apprêtent à disputer le match de leur vie face au Brésil...

# Posté le samedi 24 juin 2006 09:57